KOZO, BROUSSONETIA KAZINOKI

Le kozo, broussonetia kazinoki

Les techniques uniques de fabrication de papier Sekishu-Banshi créent un papier unique produit au Japon. Sekishu-Banshi a longtemps été fabriqué dans la région d’Iwami de la préfecture de Shimane dans l’ouest du Japon. Le papier extraordinairement durable est fabriqué à la main à partir de l’arbre  » kozo  » (papier mûrier), et plus précisément des fibres longues et résistantes juste sous l’écorce qui sont considérées comme ayant trop d’impuretés pour d’autres formes de papier. Le kozo cultivé localement est récolté en hiver, les écorces extérieures sont enlevées, les fibres bouillies, battues à la main, mélangées avec du mucilage dans l’eau, puis filtré avec un écran en bambou en bois pour former des feuilles. Le papier résultant est séché sur des panneaux en bois ou en métal.

L’art aujourd’hui est le travail de fabricants de papier spécialisés dans une association artisanale, pour laquelle Sekishu-Banshi est le fondement de leur métier et l’une des parties les plus importantes de leur patrimoine culturel. Ils transmettent leurs techniques traditionnelles aux jeunes successeurs grâce à une formation pratique, en préservant un sentiment de continuité et d’identité. Pays (s): Japon © 2008 par Hamada City, Sekishu-Banshi Craftsmens.

Culture et usages de la plante – Source : http://khartasia-crcc.mnhn.fr/fr/common_names_fr/kozo

Les Brousonnetias forment l’un des genres de la famille des moracées qui comprend plusieurs espèces dont les principales sont le B. papyrifera, le B. kazinoki, le B. kaempferi, le B. kurzii.Brousonnetia papyrifera est un arbuste à feuilles caduques qui pousse à l’état sauvage mais peut être cultivé; il peut atteindre 15m de hauteur. L’espèce est dioïque. Les fruits sont comestibles. Il pousse aussi bien en terrain plat, ce qui permet une récolte facile, qu’à flanc de colline, où les terrains sont moins prisés pour les autres cultures. Il s’accommode aussi bien des terres sèches que des terrains humides.Sa culture est assez facile mais celle du Brousonnetia kazinoki étant plus simple, les deux espèces sont souvent plantées en mélange dans les champs. Les arbustes cultivés donnent de meilleures fibres que les arbustes sauvages ; celles-ci sont épaisses, longues et résistantes. La croissance est lente, cependant la récolte peut avoir lieu chaque année.Les arbustes fournissent des écorces utilisées depuis toujours en Asie de l’est et dans l’arc pacifique. Elles sont principalement employées dans la fabrication du papier, mais aussi en médecine traditionnelle comme le sont les feuilles et les fruits de l’arbuste.

Chine: 

Le mûrier à papier dans le passé et jusqu’à présent pousse ou est cultivé dans toute la Chine. Il est récolté, cultivé ou vendu pour la fabrication d’étoffes très tôt, sous les Shang (-17e / -11e siècle).

L’utilisation des écorces de Broussonetia dans la fabrication du papier a sans doute pour origine la production très ancienne des étoffes d’écorce battue, en particulier dans les régions du sud et du sud-ouest.

La mention la plus ancienne de l’usage des écorces dans la fabrication de papier se trouve dans la biographie de Cai-Lun, dans le « Hou Han shu » ou « Histoire de la dynastie des Han postérieurs » par Fan Yeh datant du 5e siècle. L’usage semble donc en avoir commencé avec Cai Lun dès le 2e siècle.

Les papiers de mûriers sont déjà populaires sous les Jin (265-420) ; sous les Tang (618-907), ces papiers sont assez courants pour l’écriture. Les papiers destinés à la calligraphie et la peinture sous la dynastie Ming (1368-1644) sont souvent fabriqués à partir d’un mélange d’écorces et de bambou et parfois de paille.

A toutes les époques ils sont également utilisés pour la confection de papier monnaie, les vêtements, dans l’architecture intérieure, pour la reliure etc.  A la fin de la dynastie Tang, on confectionne des armures en papier, légères et capables d’arrêter les flèches; elles seront utilisées jusque sous les Qing (1644-1911) par les tribus du sud, au Yunnan, Guizhou, Guangxi.

Japon: 

Les papetiers cultivaient autrefois leurs propres champs de kozo (Broussonetia Papyrifera) mais actuellement à de rares exceptions, kozo ou kazinoki (Broussonetia Kazinoki) sont cultivés par des paysans en complément des cultures vivrières et sont vendus aux fabricants de papier. Cependant quelques  papetiers se regroupent encore pour cultiver et récolter ensemble les écorces sur le lieu de fabrication du papier. Le papier est produit dans de très nombreuses régions du Japon.

Le kozo a été utilisé dès le début de la fabrication du papier. Les papiers les plus anciens au Japon (registres familiaux de familles de Mino – Gifu, Chikuzen – Fukuoka et Buzen – Oita) datant de 702, sont des papiers de kozo.

La première grande époque de production du papier au Japon couvre les périodes Nara (710-794) et Heian (794-1185). Durant ces périodes,  le Japon est dominé par une bureaucratie sur le modèle chinois qui nécessite l’emploi d’une grande quantité de papier. La pratique de la copie de sûtras réclame également la production de papiers blancs de qualité. Le gouvernement encourage la création de papeteries mais celles-ci restent sous le contrôle des autorités locales. Les seigneurs locaux contrôlent la production car le papier est une denrée de prix qui sert d’impôt. Les premiers papiers sont fabriqués par la méthode du tamezuki jusqu’à la période Heian où s’impose la méthode du nagashizuki (cf. procédé de fabrication).

Les techniques s’améliorent pendant la période Heian et kozo et gampi (wikstroemia) vont prendre la place du chanvre. Le kozo tient la plus grande place car il est  plus facile à travailler que le chanvre et il se cultive aisément partout; le gampi a un emploi plus limité car ne se cultivant pas, la récolte se limite aux arbustes sauvages.

La seconde grande époque va de la période Kamakura (1185-1333) jusqu’à la fin de la période Meiji (1868-1912). La demande en papier augmente beaucoup pendant la période féodale. La production augmente en quantité, qualité et variété. Durant la période Edo (1603-1868), le kozo est cultivé et employé dans la fabrication des papiers dans de nombreuses régions du Japon. Le papier change de statut, de tribut fiscal, il passe au rang de marchandise exportée vers les grandes villes. Ce commerce lucratif est sous le contrôle des clans de samouraïs.

Le papier de pur kozo (choshi) est utilisé pour la calligraphie, les documents officiels,  l’imprimerie. Les papiers destinés à la calligraphie reçoivent un encollage afin d’éviter à l’encre de s’étaler et de paraître terne et plate. Actuellement les papiers pour la calligraphie peuvent contenir d’autres fibres comme du bambou ou de la paille de riz pour élargir la gamme des effets esthétiques à obtenir.

Dans les arts, les papiers de kozo servent de support à la peinture, à l’estampe, au montage des peintures en rouleaux, paravents ou portes coulissantes. 

Ils sont très utilisés dans les maisons pour recouvrir fenêtres, portes coulissantes et murs ainsi que dans les divers artisanats où ils servent à la confection d’ombrelles, lanternes, éventails, tissus, jouets etc.

Enfin ils se retrouvent également dans les articles à usage religieux ou cérémoniel.

Ils sont aussi utilisés pour la confection d’étoffes : la feuille est directement employée après avoir été traitée pour la renforcer (kamiko) ou après fabrication de fils, l’étoffe étant obtenue par tissage souvent en mélange avec des fils textiles, soie, coton ou chanvre (shifu).

Corée: 

Le mot « dak » en coréen est un terme générique pour « mûrier à papier » ; Les deux espèces Broussonetia papyrifera et Broussonetia Kazinoki ont été hybridées très tôt et les deux noms « Daknamu (Broussonetia Kazinoki) et Kkujinamu (Broussonetia papyrifera) sont souvent confondus, le terme Daknamu étant le plus souvent employé mais pouvant désigner l’une ou l’autre des deux espèces. Il semble cependant que le Broussonetia Kazinoki soit le plus couramment utilisé.

L’arbuste poussait dans toute la Corée et sa culture a progressé avec le développement de l’industrie papetière.

Les fibres de dak semblent avoir été utilisées dès le début de la fabrication du papier entre les 2e et 4e siècles.  La surface rugueuse des premiers papiers est aplanie grâce au martelage ou « dochim », pratique qui semble remontée au 8e siècle.

Durant la période Goryeo (918-1392) le gouvernement encourage le développement de l’industrie papetière et le bouddhisme introduit vers le 4e siècle, devient à cette période, la religion dominante ; les textes sacrés sont  alors abondamment copiés puis imprimés. Le développement de l’imprimerie qui permet la publication de nombreux ouvrages, concourut là encore à la nécessité de produire plus de papier.

Le gouvernement Joseon (1392-1910) devant l’ampleur de la demande va encourager la diversification des matières premières.  Progressivement des fibres de diverses natures seront mélangées aux fibres de dak et la qualité qui faisait la réputation du papier coréen au début de la période Joseon, décroît considérablement à partir du 16e siècle.

Les papiers de mûrier sont utilisés pour la calligraphie, les documents officiels,  l’imprimerie. Dans les arts, ils servent de support à la peinture, à l’estampe, au montage des peintures en rouleaux, paravents ou portes coulissantes. Ils sont très utilisés dans les maisons pour recouvrir fenêtres, portes coulissantes, murs et sols ainsi que dans les divers artisanats où ils servent à la confection d’objets à usage domestique, boites, jarres, ombrelles, lanternes, éventails, tissus, jouets etc.  Enfin ils se retrouvent également dans les articles à usage religieux ou cérémoniel.

Thaïlande: 

En Thaïlande, l’utilisation du broussonetia a démarré avec l’occupation japonaise (à cause d’une demande grandissante de papier de leur part) durant la seconde guerre mondiale. Il a remplacé le Streblus asper (Khoi), fibre traditionnellement utilisée en Thaïlande, qui manquait alors que le Broussonetia était abondant dans le nord de la Thaïlande.

Les papiers d’Asie, malgré leur extrême légèreté, offre cette capacité unique de résistance physico-chimiques.

Kozo : le plus utilisé, ses fibres sont les plus longues (10 mm en moyenne). Elles donnent un papier d’une grande résistance et très stable dimensionnellement. Il peut être cultivé et représente 90 % des fibres utilisées.

Gampi : caractérisé par des fibres solides, brillantes (longueur des fibres entre 3 et 5 mm). Produit un papier résistant, translucide avec une surface lustrée. En raison de la difficulté de le cultiver, le Gampi est précieux. Il possède une particularité : sa sève est toxique et on lui donne la propriété d’être extrêmement résistant vis-à-vis des dommages causés par les insectes.

Mitsumata : fibres fines, absorbantes, légèrement brillantes (longueur entre 3 et 5 mm). Produit un papier très lisse, plus lustré que le Kozo mais moins que le Gampi. Généralement fin, les grammages s’échelonnent de 5 à 80 gr/m 2.